par Stéphane Bernabé » ven. oct. 25, 2013 11:47 am
On a ici deux camps qui sont dans la défense de la doctrine.
- La Sécu qui défend son droit en citant ses propres textes (une belle auto-référence en quelques sortes). Et qui ne cite que partiellement les textes législatifs français, européens, tout en limitant son périmètre de jurisprudence de la CJUE à des positions obsolètes pour partie.
Les défenseurs se la libre assurance qui procèdent de la même façon, en ne retenant qu'une partie de la jurisprudence européenne, et en rejetant l'ensemble des textes français qui ne vont pas dans leur sens. Ce en quoi ils ont tort puisque cet ensemble de textes n'est pas un groupe cohérent : certains éléments sont effectivement probablement illégaux aujourd'hui, mais pas tous.
Ça fait presque 20 ans que je suis les aventures de Claude Reichman. Durant ce temps, j'ai lu et parcouru des centaines, des milliers de pages, sur des sites web anecdotiques, sur des blogs revendicatifs, sur des publications institutionnelles. J'ai lu une bonne partie des articles de Loi évoqués ici ou là (et c'est pas rigolo, croyez-moi). J'ai récupéré les arrêts de la CJUE pour la quasi-totalité de ces dossiers, lu leurs conclusions (souvent assez claires), lu les interprétations parfois fantaisistes qu'en font les deux camps en lice, et la vision "bisounoursesque" qu'en fait l’État français.
L'un des aspects intéressants, jamais médiatisé (et pour cause) sont les débats des commissions parlementaires (et en particulier sénatoriales) sur le sujet. Le dernier en date (du moins en date de lecture, ça doit avoir un ou deux ans max) est un rapport sénatorial. Le sujet était en gros : "
bon, on ne peut plus se voiler la face, l'UE a fait péter le monopole de la Sécu, et ça commence à se savoir. Comment faire pour minimiser les dégâts en France et préserver ce qui peut encore l'être".
Débat assez riche au demeurant, construit, et aboutissant à une sorte d'impasse : on ferme les yeux, on ferme les oreilles, on ferme la bouche et on attend qu'un autre gouvernement tranche...
Pour ma part je ne ferai pas le test de me mettre à dos l'URSSaf : trop agressif, trop protégé. Je serais ennuyé qu'un de mes salariés de demande (à juste titre) de lui payer son salaire avec charges salariales et patronales intégrales (sauf alloc, hors sujet). Je sais que je continuerais à payer les caisses françaises pour éviter leurs poursuites : double peine.
Mais je sais aussi que le sujet est tranché en droit, et qu'un jour ou l'autre il le sera dans les faits.
Comme pour le climat : on a les "réchauffistes" (les écolos et les "climatologues" financés par les États) et les "climato-sceptiques" (tous les autres, dont les pétroliers, les climatologues indépendants, les physiciens, astronomes, géographes, géologues, journalistes, etc.).
Deux camps qui défendent chacun une doctrine hostile à l'autre camp. Une médiatisation française partiale et orientée qui ne facilite pas la transparence. Un résumé médiatisé du rapport "pour les décideurs" du GIEC dont les medias français ne retiennent que les points faisant sensation.
Et il y a les presque 1.000 pages du rapport intégral scientifique du même GIEC. Dans lequel les conclusions ne sont pas du tout les mêmes. Dans lequel il est fait état que l'absence de réchauffement de ces 15 dernières années est bien constatée, mais qu'il n'y a aucune explication plausible et qu'à ce titre il conviendrait de revoir l'ensemble des modèles mathématiques utilisés. Rapport exhaustif dans lequel les experts "officiels" (un terme qui me dérange un peu en matière de science) expliquent qu'à leur avis il n'y aura quasiment pas d'augmentation du niveau des mers, de fonte majeure des calottes glaciaires, qu'il n'y aura pas d'épisodes météorologiques extrêmes en plus grande fréquence, etc.
Bref, le rapport complet ne correspond pas au résumé, mais retrace les réelles conclusion de ce groupe de scientifiques.
Et vous pensez que quelqu'un lit ça parmi nos décideurs ou nos journalistes ?
Sécu/climat : même fonctionnement, tout tient des décisions politiques...
Bon week-end à tous

On a ici deux camps qui sont dans la défense de la doctrine.
[list]La Sécu qui défend son droit en citant ses propres textes (une belle auto-référence en quelques sortes). Et qui ne cite que partiellement les textes législatifs français, européens, tout en limitant son périmètre de jurisprudence de la CJUE à des positions obsolètes pour partie.
Les défenseurs se la libre assurance qui procèdent de la même façon, en ne retenant qu'une partie de la jurisprudence européenne, et en rejetant l'ensemble des textes français qui ne vont pas dans leur sens. Ce en quoi ils ont tort puisque cet ensemble de textes n'est pas un groupe cohérent : certains éléments sont effectivement probablement illégaux aujourd'hui, mais pas tous.[/list]
Ça fait presque 20 ans que je suis les aventures de Claude Reichman. Durant ce temps, j'ai lu et parcouru des centaines, des milliers de pages, sur des sites web anecdotiques, sur des blogs revendicatifs, sur des publications institutionnelles. J'ai lu une bonne partie des articles de Loi évoqués ici ou là (et c'est pas rigolo, croyez-moi). J'ai récupéré les arrêts de la CJUE pour la quasi-totalité de ces dossiers, lu leurs conclusions (souvent assez claires), lu les interprétations parfois fantaisistes qu'en font les deux camps en lice, et la vision "bisounoursesque" qu'en fait l’État français.
L'un des aspects intéressants, jamais médiatisé (et pour cause) sont les débats des commissions parlementaires (et en particulier sénatoriales) sur le sujet. Le dernier en date (du moins en date de lecture, ça doit avoir un ou deux ans max) est un rapport sénatorial. Le sujet était en gros : "[i]bon, on ne peut plus se voiler la face, l'UE a fait péter le monopole de la Sécu, et ça commence à se savoir. Comment faire pour minimiser les dégâts en France et préserver ce qui peut encore l'être[/i]".
Débat assez riche au demeurant, construit, et aboutissant à une sorte d'impasse : on ferme les yeux, on ferme les oreilles, on ferme la bouche et on attend qu'un autre gouvernement tranche...
Pour ma part je ne ferai pas le test de me mettre à dos l'URSSaf : trop agressif, trop protégé. Je serais ennuyé qu'un de mes salariés de demande (à juste titre) de lui payer son salaire avec charges salariales et patronales intégrales (sauf alloc, hors sujet). Je sais que je continuerais à payer les caisses françaises pour éviter leurs poursuites : double peine.
Mais je sais aussi que le sujet est tranché en droit, et qu'un jour ou l'autre il le sera dans les faits.
Comme pour le climat : on a les "réchauffistes" (les écolos et les "climatologues" financés par les États) et les "climato-sceptiques" (tous les autres, dont les pétroliers, les climatologues indépendants, les physiciens, astronomes, géographes, géologues, journalistes, etc.).
Deux camps qui défendent chacun une doctrine hostile à l'autre camp. Une médiatisation française partiale et orientée qui ne facilite pas la transparence. Un résumé médiatisé du rapport "pour les décideurs" du GIEC dont les medias français ne retiennent que les points faisant sensation.
Et il y a les presque 1.000 pages du rapport intégral scientifique du même GIEC. Dans lequel les conclusions ne sont pas du tout les mêmes. Dans lequel il est fait état que l'absence de réchauffement de ces 15 dernières années est bien constatée, mais qu'il n'y a aucune explication plausible et qu'à ce titre il conviendrait de revoir l'ensemble des modèles mathématiques utilisés. Rapport exhaustif dans lequel les experts "officiels" (un terme qui me dérange un peu en matière de science) expliquent qu'à leur avis il n'y aura quasiment pas d'augmentation du niveau des mers, de fonte majeure des calottes glaciaires, qu'il n'y aura pas d'épisodes météorologiques extrêmes en plus grande fréquence, etc.
Bref, le rapport complet ne correspond pas au résumé, mais retrace les réelles conclusion de ce groupe de scientifiques.
Et vous pensez que quelqu'un lit ça parmi nos décideurs ou nos journalistes ?
Sécu/climat : même fonctionnement, tout tient des décisions politiques...
Bon week-end à tous :wink: